Tests psychotechniques pilote
Test d'atterrissage multitâche : la piste d'abord
Par ForAllPilots · Publié le · 6 min de lecture
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Trente avions qui montent et descendent sans prévenir, une piste à garder sous chacun, et pendant ce temps une équation à vérifier et huit lettres où chercher un doublon : l'atterrissage multitâche fait travailler l'attention partagée. La tentation est de vouloir tout faire à la même vitesse. C'est l'erreur : les trois tâches ne pèsent pas pareil dans la note, et la piste passe avant tout. Voici comment fonctionne l'exercice, comment répartir ton attention et comment t'entraîner sur deux semaines.
Trois tâches, un ordre de priorité
L'atterrissage compte pour 60 % de la note, les équations pour 20 % et les lettres pour 20 %. Concrètement, sur 100 points, chaque avion posé en vaut 2, chaque équation juste environ deux tiers de point et chaque groupe de lettres juste un demi-point. Un avion manqué coûte donc autant que trois équations justes ou quatre groupes de lettres justes.
Pour les équations et les lettres, les réponses fausses retirent des points aux justes : le calcul est justes moins fausses, entre 0 et 30 pour les équations et entre 0 et 40 pour les lettres. Une réponse au hasard retire autant qu'elle ajoute en moyenne : deviner n'apporte rien. Comme un élément sans réponse reste affiché jusqu'à ce que tu répondes, sans pénalité, mieux vaut prendre deux secondes de plus que tirer au sort.

Poser les avions : seul l'instant d'arrivée compte
Un avion à la fois traverse la zone de vol, du bord gauche jusqu'à la ligne en pointillés, à vitesse constante mais en montant et en descendant de façon irrégulière : il change de direction à des moments au hasard, et son point d'arrivée ne se devine pas. Un vol dure de 8 à 11 secondes, suivi d'une pause de 1,2 à 2 secondes. La piste est le rectangle gris de la bande de droite et ne bouge que vers le haut ou vers le bas. L'avion se pose si, à l'instant où il atteint la ligne, le milieu de la piste est à moins d'une demi-hauteur de piste de lui. La piste couvre 15 % de la hauteur de la zone de vol : la marge est de 7,5 % de chaque côté.
Puisque seule l'arrivée est jugée, retiens deux réflexes. Ne cherche pas à prolonger la trajectoire du regard : la vitesse verticale change à des intervalles de 0,6 à 1,8 seconde, tu suis l'avion, tu ne le devances pas. Et resserre ton suivi sur les deux dernières secondes, que la trace discrète laissée par l'avion t'aide à lire. Un suivi approximatif au début du vol te laisse du temps pour les autres tâches ; un rattrapage à la dernière seconde reste risqué.
Les commandes : une main pour la piste, une pour les réponses
À la souris, la piste suit la hauteur du pointeur sur la zone de vol, sans cliquer ; sur un écran tactile, elle suit le doigt qui glisse dessus. Seule la hauteur compte : place le pointeur à la hauteur de l'avion. Au clavier, les flèches haut et bas déplacent la piste tant qu'elles sont tenues, et elle va plus de deux fois plus vite que l'avion ne peut monter ou descendre.
Les réponses se donnent avec les touches 1 et 2 pour l'équation (Correct, Incorrect) et 3 et 4 pour les lettres, sur la rangée du haut ou le pavé numérique, en AZERTY comme en QWERTY. Préfère-les aux boutons affichés près de la zone de vol : à la souris, cliquer fait quitter la zone à ton pointeur, et la piste reste figée à sa dernière hauteur.
Les équations : vérifier sans tout calculer
Les équations n'utilisent que de petits nombres, avec un peu de priorité des opérations, des parenthèses, un carré ou un signe moins au début, comme « (11-5)×8 = 7+23 » : 48 d'un côté, 30 de l'autre, donc « Incorrect ». Environ une équation sur deux est exacte et les autres sont fausses d'un écart de 1 à 45. N'attends donc aucune tendance : chaque équation se juge à part.
Calcule d'abord le membre le plus chargé, en général celui qui contient parenthèses, produit ou carré, puis la somme de l'autre côté. Compare le dernier chiffre : s'il diffère, l'égalité est fausse et tu peux répondre sans aller plus loin, ce qui suffit pour la grande majorité des équations fausses. S'il est identique, vérifie aussi les dizaines et le signe. Attention aux pièges habituels : la multiplication passe avant l'addition, un carré est toujours positif.
Les lettres : chercher l'écho
Huit lettres s'affichent : soit elles sont toutes différentes, soit une lettre apparaît deux fois. Lis-les une fois de gauche à droite en les prononçant dans ta tête, et écoute le « déjà vu » quand la seconde arrive. Pour aller plus vite, sépare mentalement les lettres du début de l'alphabet (A à M) de celles de la fin (N à Z) : un doublon ne peut se trouver qu'à l'intérieur d'un groupe, ce qui divise le nombre de comparaisons.
Ne réponds « Correct » que si tu as vu deux fois exactement la même lettre, pas deux lettres qui se ressemblent comme M et N. Si une deuxième lecture ne révèle rien, réponds « Incorrect » : un affichage de lettres contient un doublon environ une fois sur deux.
Répartir ton attention pendant la série
Le bon rythme est un cycle : l'œil sur l'avion, un coup d'œil à l'équation ou aux lettres, la réponse au clavier, retour à l'avion. La pause de 1,2 à 2 secondes entre deux avions est le meilleur moment pour répondre, puisqu'aucun avion n'est en jeu. Après chaque réponse, une coche verte ou une croix rouge t'indique si tu avais raison, et un nouvel élément apparaît un instant plus tard.
Un repère chiffré : le plafond est de 30 équations justes nettes et de 40 groupes de lettres justes nets, pour 30 avions. Une équation et un groupe de lettres par avion permettent donc d'atteindre le plafond des équations et les trois quarts de celui des lettres. Si tu te sens débordé, sacrifie d'abord les lettres, puis les équations, jamais la piste, et ne réponds pas au hasard pour rattraper un retard.
Lire tes résultats et t'entraîner sur deux semaines
À la fin de la série, tu vois ta note sur 100, les avions posés sur 30, tes équations et tes lettres justes et fausses, ta durée et une rangée de 30 repères colorés qui montre le sort de chaque avion. Les statistiques ajoutent la meilleure note, la moyenne, la dernière note avec son évolution (à partir de cinq séries terminées) et le détail par partie : avions posés, puis équations et lettres justes parmi celles auxquelles tu as répondu. Si peu d'avions se posent, reviens à la piste ; si beaucoup de réponses sont fausses, ralentis. Il n'y a pas de classe pour cet exercice. Si tu arrêtes et choisis de voir tes résultats, la série est gardée comme interrompue (avions non passés comptés manqués) et ne compte pas dans les statistiques ; si tu quittes, rien n'est gardé.
Jours 1 à 3 : ne réponds ni aux équations ni aux lettres, pose seulement les avions, à la souris puis aux flèches, et garde ce qui te donne le plus d'avions posés. Jours 4 à 7 : ajoute les équations dans les pauses entre deux avions. Jours 8 à 11 : ajoute les lettres. Jours 12 à 14 : séries complètes, deux au maximum par séance. Ces séries d'apprentissage comptent comme des séries terminées : la moyenne des premiers jours sera basse, c'est la progression qui compte.
Sur ForAllPilots, l'atterrissage multitâche se trouve dans l'onglet CUT E des tests psychotechniques, et il est inclus avec l'abonnement ATPL. Tes résultats restent sur ton appareil, sauf si tu demandes toi-même un conseil personnalisé (réservé à l'abonnement ATPL) : le résumé chiffré de ta dernière série est alors envoyé. C'est un exercice d'entraînement, pas une épreuve officielle : il ne reproduit pas l'épreuve d'une école ou d'une compagnie, ne promet aucun résultat, et ne mesure ni ton aptitude médicale ni ton niveau de pilote.