Tests psychotechniques pilote
Test PFD : garder la croix rose au centre
Par ForAllPilots · Publié le · 6 min de lecture
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Un écran de vol, une croix rose qui se décale, une vitesse à régler et une bille qui glisse sur le côté : le test de pilotage du PFD (l'écran de vol principal) dure trois minutes et demande de tenir trois choses à la fois. Il ne demande pas de connaissances, mais de la coordination et de l'attention partagée pendant 180 secondes. Voici comment lire l'écran, quelles commandes choisir, où se perdent les points et comment t'entraîner sur deux semaines.
Ce que tu pilotes vraiment
L'écran reproduit un écran de vol principal : la bande de vitesse à gauche, l'horizon artificiel au centre, la bande d'altitude à droite, et en bas le cap et la bille du dérapage. La valeur cible s'affiche en rose au-dessus des bandes de vitesse et d'altitude, et à droite du cap. Inutile pourtant de surveiller les cibles de cap et d'altitude : la croix rose du directeur de vol les traduit en une seule consigne visuelle, qu'il suffit d'amener sur le petit avion blanc du centre.
La barre horizontale au-dessus du centre demande de cabrer davantage, au-dessous de piquer davantage ; la barre verticale à droite du centre demande d'incliner davantage à droite, à gauche d'incliner davantage à gauche. Tant que la croix est centrée, l'avion fait ce qu'elle demande. Le vol compte trois phases d'une minute, après un compte à rebours de trois secondes : de nouvelles cibles apparaissent à une minute, puis à deux minutes, et la croix se décale de nouveau.

Le piège du tangage : pousser ou tirer ?
Comme sur un vrai manche, pousser vers l'avant (flèche haut) fait piquer, et tirer (flèche bas) fait cabrer. Quand la barre horizontale est au-dessus du centre, il faut donc cabrer, c'est-à-dire tirer : flèche bas. Ce renversement coûte cher dans les premiers vols, parce que le réflexe est de pousser la croix vers le haut avec la flèche haut. Si ce sens ne te convient pas, l'interrupteur « Inverser le tangage » de l'écran de départ l'inverse, et ton choix est gardé sur cet appareil.
Décide dès la première séance et n'en change plus : réapprendre un réflexe deux fois coûte plus cher qu'accepter un sens imparfait. Pour l'inclinaison, la règle est directe : barre verticale à droite du centre, flèche droite. Pendant les premiers vols, dis-toi la consigne à voix basse, « barre au-dessus, je tire ; barre à droite, j'incline à droite », jusqu'à ce que le geste devienne automatique.
Clavier, doigts ou manette : choisir et s'y tenir
Au clavier, les flèches gauche et droite règlent l'inclinaison, les flèches haut et bas le tangage, S et X accélèrent et ralentissent, et le palonnier se commande avec W et C sur un clavier AZERTY (Z et C sur un QWERTY, aux mêmes emplacements). Sur un téléphone ou une tablette, deux manches s'affichent à l'écran et se jouent avec deux doigts : celui de droite pilote l'horizon, celui de gauche les gaz et le palonnier. Sur un ordinateur, la case « Commandes à l'écran » affiche les mêmes manches à la souris. Une manette n'a rien à régler : manche de droite pour l'horizon, manche de gauche pour les gaz et le palonnier.
Le clavier ne connaît que la pleine course : les petites corrections se font par appuis brefs. Les manches à l'écran et la manette sont proportionnels, plus le manche est incliné, plus la commande est forte. Surtout, tiens-toi à un seul dispositif pendant les deux semaines : en changer en cours de route rend tes vols difficiles à comparer.
Piloter la croix par petites touches
Ce que tu commandes est une vitesse de rotation, pas une position. Une seconde d'appui sur la flèche gauche ou droite fait varier l'inclinaison de l'avion d'environ 18 degrés, et quand tu relâches, il garde à peu près l'attitude obtenue. Le piège est d'appuyer jusqu'à voir la croix centrée : elle continue de bouger pendant que tu appuies, et tu la dépasses. Mieux vaut appuyer brièvement, relâcher, regarder la barre, puis corriger de nouveau.
La croix ne reste pas immobile pour autant : des rafales secouent l'avion, et la consigne évolue avec le cap et l'altitude. Quand le cap approche de sa cible, la consigne d'inclinaison diminue : si tu gardes la même inclinaison, la barre verticale passe de l'autre côté du centre et te demande de redresser. Suis la barre pas à pas, sans attendre qu'elle revienne seule.
La vitesse et la bille : la moitié de la note
La croix compte pour la moitié de la note, la vitesse pour un quart et la bille pour un quart, en moyenne sur tout le vol. Si ces deux éléments ne te rapportent rien, ta note plafonne à 50 %, même avec une croix parfaite. Ils ne demandent pourtant que des gestes brefs quand on s'y prend tôt.
Pour la vitesse, tu déplaces un levier de gaz, pas une pédale : S ou X le fait bouger, il reste en place quand tu relâches, et la vitesse met ensuite plusieurs secondes à suivre. Appuie brièvement, puis attends. La vitesse est comptée pleine à moins de 5 nœuds de la valeur rose, puis baisse jusqu'à zéro vers 30 nœuds d'écart. En montée l'avion ralentit, en descente il accélère : quand la nouvelle cible d'altitude est plus haute, ajoute un peu de gaz avant que la vitesse ne chute.
Pour la bille, les rafales la poussent, et tes propres mouvements d'inclinaison aussi. Pousse le palonnier du côté où elle est décalée pour la ramener entre les deux traits blancs, par touches brèves : elle revient ensuite lentement vers le centre. Elle démarre décalée : profite des huit premières secondes, qui ne comptent pas, pour la ramener et t'installer.
Lire ta note et tes trois pourcentages
À la fin du vol, tu vois ta note en pourcentage, puis trois pourcentages : la croix rose centrée, la vitesse proche de la cible et la bille centrée. Regarde d'abord le plus faible : c'est lui qui dit quoi travailler, mais la croix compte double. Le texte sous la note indique aussi les écarts de cap et d'altitude restants à la fin : un grand écart signale que tu n'avais pas rejoint la dernière cible.
Il n'y a pas de classe pour cet exercice : la note sert à comparer tes vols entre eux. Le bouton Arrêter met le vol en pause et te laisse reprendre, quitter sans rien garder, ou voir tes résultats (possible après les huit premières secondes) : la série est alors gardée comme interrompue et ne compte ni dans tes statistiques ni dans ta meilleure note. Les statistiques affichent ta meilleure note, ta moyenne, ta dernière note avec sa tendance (tes trois derniers vols comparés aux trois précédents) et le détail par partie. Tes résultats restent sur ton appareil, sauf si tu demandes toi-même un conseil personnalisé.
Une routine de deux semaines
Jours 1 à 4 : un ou deux vols par séance, en ne visant que la croix. Ignore volontairement la vitesse et la bille, elles seront médiocres : l'objectif est de trouver le geste (appuis brefs, regard au centre, sens du tangage réglé une fois pour toutes). Jours 5 à 9 : ajoute la bille. Après chaque correction de la croix, jette un œil à la bille et donne une touche de palonnier si elle est décalée. Jours 10 à 14 : ajoute la vitesse, en l'anticipant à chaque changement de phase, puis vise les trois ensemble.
Limite-toi à deux ou trois vols par séance : au-delà, tu répètes plus que tu n'apprends. En fin de semaine, regarde ton pourcentage le plus faible dans le détail par partie. Les vols d'apprentissage comptent comme des séries terminées : la moyenne des premiers jours sera basse, c'est la progression qui compte.
Sur ForAllPilots, le pilotage du PFD se trouve dans l'onglet COMPASS des tests psychotechniques, et il est inclus avec l'abonnement ATPL. C'est un exercice d'entraînement, pas une épreuve officielle : il ne reproduit pas l'épreuve d'une école ou d'une compagnie, ne promet aucun résultat, et ne mesure ni ton aptitude médicale ni ton niveau de pilote.